Chapter 6: Encre et Soumission
Six mois. Le temps avait sculpté mon corps comme de la glaise entre les mains de Sophie.
Je me tenais devant le miroir en pied de la chambre, et l’étrangère qui me renvoyait mon regard n’avait plus rien de la femme que j’avais été. Mon crâne chauve luisait sous la lumière crue, le tatouage BALD MOTHER toujours gravé sur mon front, mais ce n’était plus la marque la plus visible. Mon visage s’était arrondi, mes joues avaient pris du volume, un double menton naissant adoucissait la ligne de ma mâchoire. Mes seins, autrefois fermes et hauts, pendaient maintenant lourdement contre mes côtes, leurs pointes sombres étirées vers le sol.
Mon ventre formait une courbe pleine, ronde, qui débordait légèrement de la taille de la combinaison en latex noir.
— Tourne.
La voix de Sophie claqua derrière moi. Je pivotai lentement, mes cuisses épaisses frottant l’une contre l’autre sous le latex tendu. Elle était assise au bord du lit, les jambes croisées, et le contraste était saisissant. Six mois auparavant, elle avait déjà une silhouette fine. Maintenant, elle était presque maigre. Ses clavicules saillaient sous sa peau pâle, ses bras avaient perdu toute leur rondeur et sa poitrine avait pratiquement disparu. Deux petites excroissances plates, à peine visibles sous le latex, marquaient l’endroit où ses seins avaient été.
Les anneaux dans ses lobes étirés pendaient presque jusqu’à ses épaules, de lourds cercles d’argent qui oscillaient quand elle bougeait la tête. A son septum, un large anneau noir, barrait le centre de son visage sans sourcils. Et sur chacune de ses joues, deux petits traits tatoués, fins et parallèles, encadraient sa bouche comme des parenthèses.
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— Viens ici.
J’obéis. Mes pas étaient lourds, mon corps épais se balançant doucement. Je m’arrêtai devant elle, et sa main se leva pour palper mon ventre à travers le latex.
— Tu es magnifique, murmura-t-elle. Si grosse. Si lourde.
Ses doigts s’enfoncèrent dans la chair tendre de mon abdomen, et un frisson me parcourut. Elle avait exigé ce poids. Chaque repas, chaque dessert, chaque collation forcée avait été un acte d’amour et de possession. Elle m’avait engraissée comme on engraisse un animal précieux, m’observant prendre du volume jour après jour, semaine après semaine.
— À genoux.
Je m’agenouillai, mes cuisses épaisses s’écartant pour accueillir mon ventre. Sophie se leva, sa silhouette maigre dominant la mienne. Elle fit glisser la fermeture de sa combinaison, le latex s’ouvrant comme une seconde peau, révélant son corps décharné. Ses côtes saillaient, son nombril creusait un puits dans son ventre plat, et entre ses jambes, son sexe glabre luisait sous la lumière.
— Tu te souviens de la nuit dernière ? demanda-t-elle.
Je hochai la tête. Comment aurais-je pu oublier ? Elle m’avait prise pendant des heures, enfonçant des godes épais dans mon sexe, dans mon cul, me faisant gémir et supplier. Elle m’avait forcée à embrasser chaque centimètre de sa petite chatte imberbe, à la lécher jusqu’à ce qu’elle jouisse contre ma bouche. Et après, elle m’avait laissée là, épuisée, mon corps lourd palpitant de partout.
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— Aujourd’hui, dit-elle en me tendant la main pour m’aider à me relever, on va chez Camille.
Mon cœur s’accéléra.
— Encore ?
— Oui. Encore.
Elle me conduisit vers la porte. Dans l’entrée, deux manteaux de cuir noir nous attendaient, suspendus côte à côte. Sophie m’aida à enfiler le mien, le cuir épousant mes formes épaisses, puis enfila le sien, qui pendait sur sa silhouette maigre comme un drap sur un cintre.
— Camille nous attend, dit-elle en ouvrant la porte.
Le trajet jusqu’à Ink & Steel fut silencieux. Dans la voiture, Sophie conduisait d’une main, son autre main posée sur ma cuisse, ses doigts caressant le latex à travers la fente de mon manteau. Je regardais les rues défiler, les passants qui tournaient la tête, leurs yeux glissant sur mon crâne chauve, sur le tatouage sur mon front.
La sonnette tinta quand nous poussâmes la porte.
Camille était là, comme toujours. Grande, mince, ses bras couverts de motifs qui s’enroulaient jusqu’à ses poignets. Elle portait aujourd’hui un débardeur noir qui révélait d’autres tatouages sur son torse, des lignes géométriques qui descendaient vers son nombril. Ses cheveux en brosse étaient fraîchement rasés, et ses yeux sombres nous parcoururent avec une lenteur appréciative.
— Vous êtes revenues, dit-elle en souriant.
— Comme promis, répondit Sophie.
Elle me poussa doucement vers le fauteuil. Je m’assis, le cuir froid sous mes cuisses nues. Sophie resta debout, sa main sur mon épaule.
— On commence aujourd’hui ? demanda Camille.
— Oui. Deux journées complètes. On va tout faire.
Camille hocha la tête, sortit un carnet de croquis. Elle s’approcha, tourna autour de moi, étudiant mon crâne, mon visage, mon cou.
— Qu’est-ce que tu veux exactement ?
Sophie se pencha, ses doigts traçant des lignes dans l’air le long de mon corps.
— Des arabesques noires. Sur tout le crâne, d’abord. Puis descendant sur les joues, jusqu’à la mâchoire. Ensuite le cou. Puis le torse, les seins. Les bras complètement noirs.
Camille esquissa quelques traits sur son carnet.
— Et toi ?
Sophie sourit.
— Moi, le haut du corps en noir intégral. Du cou jusqu’au haut des cuisses. Comme une combinaison. Mais le bas ventre, la chatte, le cul — des arabesques. Comme une petite culotte de dentelle.
Camille siffla doucement.
— C’est ambitieux. On en a pour des heures.
— J’ai le temps.
La tatoueuse s’approcha de moi. Ses doigts effleurèrent mon crâne chauve, traçant mentalement les lignes.
— On commence par le crâne, alors.
Le bourdonnement de la machine emplit la pièce. Camille trempa l’aiguille dans l’encre noire, et la première ligne mordit ma peau.
La douleur explosa, familière et étrange à la fois. Ma peau était vierge sur le crâne, jamais touchée par l’aiguille. Chaque trait était une brûlure vive, une morsure qui se prolongeait. Camille travaillait lentement, méthodiquement, traçant des spirales, des courbes, des volutes qui s’enroulaient autour de mon crâne.
Sophie s’était assise dans un fauteuil voisin, ses jambes maigres croisées, ses yeux fixés sur moi. Elle ne parlait pas. Elle observait, ses doigts tambourinant sur son genou décharné.
Les heures passèrent. Camille faisait des pauses régulières, essuyait le sang et l’encre, réappliquait du baume. Mon crâne entier se couvrait d’un réseau de lignes noires, des arabesques qui dansaient sur ma peau tendue.
— Ça descend sur les joues, maintenant, dit Sophie.
Camille acquiesça, repositionna son tabouret. L’aiguille glissa le long de mes tempes, traça des lignes qui descendaient vers mes pommettes, s’enroulaient autour de mes joues arrondies. La douleur était plus vive ici, la peau plus fine, plus sensible.
Je fermai les yeux, m’abandonnant à la sensation. La douleur se mêlait à quelque chose d’autre, une chaleur qui montait de mon ventre, une humidité qui commençait à poisser entre mes cuisses.
— Tu mouilles, dit Sophie doucement.
J’ouvris les yeux. Elle s’était penchée, sa main glissée sous ma combinaison, entre mes cuisses. Ses doigts remontèrent, luisants.
— Regarde.
Elle les porta à ma bouche.
— Lèche.
Je passai ma langue sur ses doigts, goûtant ma propre excitation. Camille continuait de tatouer, imperturbable, ses yeux concentrés sur son travail.
— Le cou, maintenant.
La première journée s’étira jusqu’au soir. Quand Camille posa enfin sa machine, mon crâne, mes joues, mon cou étaient entièrement couverts d’arabesques noires. Je me levai, mes jambes tremblantes, et m’approchai du miroir.
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L’étrangère qui me renvoya mon regard était méconnaissable. Les lignes noires dansaient sur mon crâne, descendaient sur mon visage, s’enroulaient autour de mon cou comme des lianes. Mes yeux agrandis, mes pommettes saillantes, mes lèvres épaisses — tout était encadré, souligné, magnifié par l’encre.
— Magnifique, murmura Sophie.
Elle s’approcha, ses doigts effleurant les tatouages frais.
— Demain, on continue.
La nuit fut longue. Je dormis mal, mon corps brûlant, mes tatouages palpitant au rythme de mon cœur. Sophie dormit à côté de moi, sa main maigre posée sur mon ventre rond, ses doigts caressant ma peau à travers le latex.
Le lendemain matin, nous retournâmes chez Camille.
— Le torse, dit Sophie en m’installant dans le fauteuil.
Camille prépara une nouvelle aiguille. Elle commença par mes épaules, traçant des lignes qui descendaient vers mes seins. Mes seins lourds, affaissés, qui pendaient contre mes côtes. Les arabesques s’enroulaient autour d’eux, encadraient mes mamelons, descendaient vers mon ventre rond.
La douleur était intense ici, la peau tendue, sensible. Je serrais les dents, mes mains crispées sur les accoudoirs. Sophie se tenait derrière moi, ses doigts massant mes épaules, ses lèvres effleurant mon crâne tatoué.
— Tu es si belle, chuchotait-elle. Si grosse, si marquée. Tu es à moi.
Les heures passèrent. Camille couvrit mon torse d’arabesques, puis attaqua mes bras. Elle les noircit entièrement, du poignet jusqu’à l’épaule, une couche épaisse d’encre noire qui recouvrait ma peau.
Quand elle eut fini, mes bras étaient des blocs de nuit, mes seins étaient encadrés de lignes dansantes, mon ventre portait des volutes qui s’enroulaient autour de mon nombril.
— À moi, maintenant, dit Sophie.
Elle s’installa dans le fauteuil, sa silhouette maigre à peine visible sous le latex. Camille prépara une nouvelle aiguille.
— Le cou, d’abord.
La machine bourdonna. Camille commença par la nuque de Sophie, traçant des lignes noires qui remontaient vers son crâne. Puis le cou entier, chaque centimètre de peau recouvert d’encre. Le noir intégral, sans interruption, une masse sombre qui descendait vers ses épaules.
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Ensuite, le torse. Camille noircit sa poitrine plate, ses côtes saillantes, son ventre creux. Les lignes noires s’enroulaient autour de son nombril, descendaient vers ses hanches. Ses petits seins disparurent sous l’encre, leurs pointes à peine visibles.
Puis les cuisses. Camille descendit le long de ses jambes maigres, noircissant la peau jusqu’au haut des cuisses. Quand elle s’arrêta, Sophie était entièrement noire du cou jusqu’aux cuisses, une silhouette sombre, presque abstraite.
— Le bas, maintenant, dit Sophie.
Camille changea d’aiguille, prit une encre plus fine. Elle travailla sur le bas ventre de Sophie, traçant des arabesques délicates, des lignes qui s’enroulaient comme de la dentelle. Le motif descendait vers son sexe glabre, l’encadrant de volutes, puis continuait vers l’arrière, couvrant ses fesses de lignes entrelacées.
Quand elle eut fini, Sophie se leva, s’approcha du miroir.
Son corps était une œuvre d’art. Le noir intégral du cou aux cuisses, interrompu seulement par les arabesques fines qui dessinaient une petite culotte de dentelle autour de son sexe et de ses fesses. Sa chatte imberbe luisait entre les lignes noires, son cul était encadré de volutes.
— Parfait, murmura-t-elle.
Elle se tourna vers moi. Ses yeux sombres brillaient dans son visage sans sourcils, ses anneaux de septum et d’oreilles captant la lumière.
— À genoux.
Je m’agenouillai, mon corps lourd, mes tatouages frais palpitant. Sophie s’approcha, sa silhouette noire dominant la mienne. Elle posa une main sur mon crâne tatoué, ses doigts caressant les arabesques.
— Regarde-toi, dit-elle. Regarde ce que tu es devenue.
Je levai les yeux vers le miroir. La femme qui me renvoyait mon regard était méconnaissable. Grosse, tatouée, chauve, marquée. Ses seins pendaient lourdement, son ventre débordait, ses bras étaient des blocs de nuit. Les arabesques dansaient sur son crâne, sur son visage, sur son cou, sur son torse.
— Tu es ma créature, dit Sophie. Je t’ai faite. Je t’ai engraissée, marquée, transformée. Tu n’es plus rien sans moi.
— Je ne suis rien sans toi, répétai-je.
— Dis-le. Dis que tu m’adores.
Ma gorge se serra. Les mots montèrent, inevitables.
— Je t’adore.
— Plus fort.
— Je t’adore, Sophie. Je t’adore.
Elle sourit, un sourire lent, possessif. Sa main glissa de mon crâne à ma joue, ses doigts caressant les arabesques fraîches.
— Bien. Maintenant, lève-toi. On rentre. J’ai encore besoin de toi.
Je me levai, mes jambes tremblantes, mon corps lourd. Camille rangeait ses outils, son regard glissant sur nous sans jugement.
— Revenez quand vous voulez, dit-elle. J’ai d’autres idées.
Sophie me prit la main, m’entraîna vers la porte. Dehors, le soleil frappait mon crâne tatoué, mes bras noirs, mes seins lourds. Les passants nous regardaient, leurs yeux glissant sur nos corps transformés, sur nos visages marqués.
Sophie se pencha, ses lèvres contre mon oreille.
— Ils voient ce que tu es. Ma grosse mère tatouée. Ma créature.
Sa main glissa sur ma fesse, pressa à travers le latex.
— Rentrons. Je veux te baiser.
La porte de l’appartement claqua derrière nous. Sophie me poussa contre le mur, ses mains attrapant la fermeture de ma combinaison. Le latex s’ouvrit, libérant mes seins lourds, mon ventre rond. Sa bouche descendit immédiatement, capturant un mamelon, ses dents mordillant la pointe.
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Je gémis, ma tête cognant le mur. Ses doigts glissèrent le long de mon ventre, trouvèrent mon sexe déjà humide. Elle poussa trois doigts en moi, un coup sec qui me fit crier.
— Tu es à moi, grogna-t-elle contre ma peau. Dis-le.
— Je suis à toi.
— Dis que tu m’adores.
— Je t’adore.
Elle retira ses doigts, les porta à sa bouche, les suça lentement. Puis elle s’agenouilla devant moi, son visage noir encadré par mes cuisses épaisses.
— Écarte les jambes, maman. Je veux goûter ma création.