Chapitre 1 : La première transformation de Marie
Le soleil de l’après-midi filtre à travers les voilages de la cuisine, dessinant des losanges dorés sur le carrelage blanc. Je regardais Sophie, assise en face de moi, ses doigts enroulés autour de sa tasse de thé. Ses cheveux blonds cascadeaient sur ses épaules, si longs qu’ils touchaient presque ses hanches quand elle se penchait.
— Maman, tu as pensé à ce que je t’ai dit ? lance-t-elle soudain, ses yeux clairs plantés dans les miens.
Je repose ma cuillère. Son ton n’était pas une question. C’était une affirmation, douce mais ferme, comme tout ce qu’elle faisait depuis que nous étions devenus… différents. Depuis la mort de François, il y a trois ans, nous nous étions rapprochés d’une manière que je n’aurais jamais imaginée. Il n’y avait plus que nous deux dans cette grande maison, deux femmes qui se ressemblaient trop, qui respiraient le même air, qui dormaient parfois dans le même lit quand l’angoisse ou la solitude devenait trop lourde.
— Tu veux vraiment que je coupe mes cheveux, Sophie ? demandai-je, passant machinalement une main dans ma longue chevelure brune.
Elle pose sa tasse, un sourire mystérieux aux lèvres.
— Je ne veux pas que tu les coupes. Je veux choisir ton coupé. C’est différent.
Mon ventre se serre légèrement. Cette sensation étrange, mélange d’appréhension et d’excitation, m’était devenue familière. Chaque fois que Sophie prenait une décision pour moi, chaque fois qu’elle orientait mon corps, mes choix, mes vêtements, je ressentais ce même frémissement. Quelqu’un a choisi entre la peur et le désir.
— Les gens nous prenons tout le temps pour des sœurs, reprit-elle, se levant pour contourner la table. Sa main effleura mon épaule, remonta jusqu’à mes cheveux. Elle en saisissait une mèche, la fit glisser entre ses doigts. C’est agaçant. Tu es ma mère. Je veux qu’on le voit.
Je frissonnai sous son toucher.
— Et puis, ajoutéa-t-elle d’une voix plus basse, tes cheveux te pèsent, non ? Tu me l’as dit cent fois.
C’était vrai. Cette cascade brune qui m’arrivait au bas des reins, que François avait tant aimée, était devenue un fardeau. Le temps de les laver, de les sécher, de les coiffer. Parfois, la nuit, je les sentais sur ma nue comme une main qui m’étouffait. Mais l’idée de les perdre m’angoissait. Ils étaient mon identité, mon refuge.
— Qu’est-ce que tu as en tête ? exigeantai-je, ma voix plus fragile que je ne l’aurais voulu.
Sophie s’accroupit à côté de ma chaise. Ses doigts continuent à jouer avec mes cheveux, les soulevant, les laissant retomber.
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— J’ai déjà pris rendez-vous. Chez Laurence, au centre.
Mon cœur s’arrête une demi-seconde. Elle avait déjà pris rendez-vous. Sans moi demander. Sans me laisser le temps de dire non. C’était tellement elle, tellement nous, ces derniers mois. Elle décideit, et je suivais.
— Tu n’es pas obligée, murmura-t-elle, mais ses yeux disaient le contraire. Ses iris brillaient d’une lueur que je connaissais bien. Cette excitation contenue, ce plaisir qu’elle prenait à me guider.
— Qu’est-ce que je vais devenir ? soupirai-je, un sourire malgré moi.
Quelqu’un a choisi de doux et d’inquiétant à la fois gonfla dans ma poitrine. J’aime ça. J’aime qu’elle prenne les rêves. Depuis la mort de son père, elle était devenue mon roc, ma boussole, et parfois, je sentais que notre relation avait glissé vers quelque chose d’indicible. Quelqu’un a choisi que je n’osais pas nommer, même dans le silence de mes nuits.
Le salon de Laurence sentait la laque et les produits chimiques, un parfum que je connaissais depuis l’enfance. La coiffeuse nous accueillit avec un sourire professionnel. La quarantaine, les cheveux bruns coupés court, dégageant son cou. Elle avait des mains solides, des doigts épais qui semblaient connaître chaque geste.
— Asseyez-vous, Marie, dit-elle en désignant le fauteuil blanc.
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Je m’installai, le cuir froid sous mes cuisses. Sophie reste debout derrière moi. Dans le miroir, je voyais son reflet. Elle regardait mes cheveux avec une intensité presque amoureuse.
— Alors, Sophie, qu’est-ce que tu as imaginé ? demanda Laurence, un peigne à la main.
Sophie s’approche. Ses doigts s’enfoncèrent dans mes cheveux, les soulevèrent, les laissèrent retomber. Je retiens mon souffle.
— Je veux qu’ils soient courts, dit-elle d’une voix posée. Au-dessus des épaules. Dégagé sur la nue.
Mon estomac se noua.
— Et ensuite ?
— Ensuite, tu vas faire une permanente. Mais pas une permanente classique. Je veux des boucles très serrées. Très, très serrées.
Laurence fronça les sourcils, consultante Sophie du regard.
— Une permanente afro ? Sur des cheveux aussi longs ? Ça va être une transformation radicale.
— C’est le mais.
Je voulais dire quelque chose, protester, mais les mots restèrent coincés dans ma gorge. Sophie pose ses deux mains sur mes épaules. Ses pouces massèrent doucement mes trapèzes.
— Tu me fais confiance, maman ?
Sa voix était douce. Trop douce. Cette douceur qui savait me faire pincer.
— Oui, répondis-je, le souffle court.
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Laurence a commencé par la coupe. Les ciseaux glissèrent dans mes cheveux avec un bruit sec. Les premières mèches tombèrent sur le tablier noir. Mes yeux suivaient leur chute dans le miroir. Mes cheveux. Ma longue chevelure brune. Elle disparaissait centimètre par centimètre.
Sophie ne me lâchait pas du regard. Dans le miroir, nos yeux se croisaient. Elle souriait. Un sourire satisfait, presque possessif.
— Tu es belle, maman.
La coupe terminée, Laurence dégagea ma nue. L’air frais caresse ma peau exposée. Je n’avais pas senti cette sensation depuis des années. Une vulnérabilité étrange, une nudité nouvelle.
— Tu as un joli cou, murmura Sophie, ses doigts effleurant la naissance de mes cheveux. Pourquoi tu l’as caché si longtemps ?
Je ne répondis pas. Je sentais ses doigts tracer des cercles lents sur ma nue, juste au-dessus de la ligne de coupe. Un contact électrique, à la limite du supportable.
— Maintenant la permanente, annonce Laurence en préparant ses bigoudis.
Elle entreprit d’enrouler mes cheveux encore humides autour des petits cylindres de plastique. Ses gestes étaient précis, rapides. Mes cheveux se retrouvèrent plaqués contre mon crâne, tirés, tendus. Je ressemble à une poupée étrange, les bigoudis formant une armure de boucles artificielles.
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Le produit sentait fort, piquait les narines. Laurence applique la lotion avec un pinceau, section par section. Une sensation de chaleur se propage sur mon cuir chevelu.
— Ça va chauffer un peu, prévint-elle. C’est normal.
Sophie s’assit à côté de moi. Sa principale trouvaille la mienne, la serra.
— Tu es incroyable, dit-elle doucement. Tu fais tout ce que je te demande.
Sa voix avait un timbre particulier, un mélange de gratitude et de pouvoir.
— Je ne peux rien te refuser, avouai-je, la gorge serrée.
Elle sourit, et dans son sourire je vis la petite fille qu’elle avait été, mais aussi la femme qu’elle devenait. Ses doigts caressaient le dos de ma main, des cercles lents, hypnotiques.
L’attente dure vingt minutes. Vingt minutes pendant lesquelles je sens les produits chimiques travailler, transformer la structure de mes cheveux. Mes boucles naturelles, ces vagues molles que j’avais toujours eues, allaient disparaître pour laisser place à quelque chose d’artificiel. De radical.
— On rince, annonce Laurence.
Elle me pencha au-dessus du bac, l’eau tiède coula sur mon crâne. Ses doigts massèrent, rincèrent, répétèrent le geste plusieurs fois. Puis elle applique un soin, laissa poser.
— Presque fini, murmura Sophie, debout à côté de moi. Tu es nerveux ?
— Un peu.
— N’aie pas peur. Tu vas être magnifique.
Laurence m’a redressé. Mes cheveux étaient encore mouillés, lourds d’eau. Elle les sécha avec une serviette, sans les frictionner, par pressions délicates. Puis elle branchera le sèche-cheveux, le diffuseur orienté vers mes boucles naissantes.
Le bruit de l’air chaud emplit la pièce. Je ferme les yeux.
Lorsqu’elle éteint l’appareil, le silence revient.
— Regarde-toi, dit Laurence.
Mes yeux s’ouvrent.
Le miroir me renvoyait le visage d’une inconnue.
Mes cheveux formaient une auréole de boucles serrées, denses, presque noires dans leur masse. Elles partaient de mon crâne dans toutes les directions, un nuage crépu qui encadrait mon visage. Mes traits semblaient différents. Plus angulaire. Plus les jeunes. Mes yeux paraissaient plus grands, mes pommettes plus saillantes.
— Mon Dieu, soufflé-je.
Sophie se place derrière moi. Ses mains se posèrent sur mes épaules, ses doigts s’enfonçant dans la nouvelle texture de mes cheveux. Elle les souleva, les laissa retomber.
— C’est parfait, dit-elle d’une voix rauque. Tu es parfait.
Je n’arrive pas à détacher mon regard du miroir. Cette femme, ce n’était pas moi. Et pourtant, quelque chose en elle me fascinait. Une libération. Une audace. Cette coiffure était un acte. Une déclaration.
— On dirait une artiste, murmura Laurence. Une chanteuse de jazz.
Sophie se pencha, ses lèvres effleurent mon oreille.
— Tu es à moi, maman. Maintenant, tout le monde le saura.
Son souffle chaud dans mon cou fit courir un frisson le long de ma colonne vertébrale. Sa main glissa de mon épaule à ma nue, là où les cheveux s’arrêtaient. Ses doigts jouèrent avec les boucles naissantes, les tordant doucement.
— Merci, murmurai-je, ne sachant pas si je m’adressais à elle ou à Laurence.
— De rien, répondu ma fille.
Dans le miroir, nos regards se croisèrent. Les siens brillaient d’une lueur que je n’avais jamais vue. Une lueur de possession, de triomphe.
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Laurence rangeait ses outils, nous laissant seules face au miroir. Sophie ne se retirait pas sa main de ma nue. Ses doigts traçaient des motifs lents sur ma peau.
— On rentre ? exigeai-je, ma voix étrangement fragile.
— Pas encore, dit-elle. J’ai quelque chose à te montrer. Quelqu’un a choisi que j’ai préparé pour toi.
Elle me prend la main, m’aida à me lever. Ses doigts s’entrelacèrent aux miens. Elle était plus grande que moi, maintenant. Depuis quand ? Quand avait-elle dépassé sa mère ?
— Suis-moi.
Je la suivis hors du salon, mes nouvelles boucles flottantes autour de mon visage. Dans la rue, quelques regards se tournèrent vers nous. Je sens leur poids, leur curiosité.
Sophie a ouvert la portière de ma voiture, me fit monter. Puis elle s’installe côté conducteur.
— Mes clés, dis-je.
— J’ai les miennes.
Elle démarra sans un mot. La voiture s’engagea dans les rues de la ville. Je ne demande pas où nous allions. Je n’osais pas.
Elle prend la direction de la maison, mais au lieu de s’arrêter, elle continue, s’engagea sur le chemin forestier qui menait au vieux chalet. Celui que François avait construit, que nous n’avions pas utilisé depuis sa mort.
— Sophie, qu’est-ce qu’on fait ici ?
Elle se gara devant la bâtisse, coupa le moteur. Le silence tomba, lourd, chargé d’électricité.
— Je voulais être seule avec toi, dit-elle sans moi regarder. Pour fêter ça.
— Fêter quoi ?
Elle tourne la tête vers moi. Ses yeux parcourent mon visage, mes cheveux, mes lèvres.
— Fêter que tu m’appartiens, maman.
Sa main quitta le volant, vint se poser sur ma cuisse. Ses doigts remontèrent lentement sous l’ourlet de ma jupe.
— Maintenant, je vais te montrer tout ce que j’ai imaginé pour toi.
Great story, please complete it with a second part showing how a girl controls her mother, guides her and publicly humiliates her